Hoover, 1964
Durant les 30 Glorieuses (1945-1973), la machine à laver constitue souvent le premier équipement électroménager dont se dotent les foyers français. En effet, jusqu’au début du 20e siècle, le lavage du linge dans des cuviers ou des baquets en bois reste prédominant.
Les premières lessiveuses dites « à champignon », commercialisées à la fin du 19e siècle, ne s’introduisent véritablement dans les foyers français que durant l’entre-deux-guerres. Grâce à elles, le temps consacré au lavage du linge s’en trouve déjà réduit : il ne faut en effet plus compter qu’entre 1 à 3 heures pour la partie « coulage-ébullition » (contre 12 heures pour le système plus ancien de coulée à la cendre). Mais les autres étapes restent néanmoins nombreuses et la lessive hebdomadaire prend toujours au minimum une journée entière : triage, trempage, coulage, battage, rinçage, essorage, séchage, pliage et rangement.
Les machines à laver passent de la manivelle à l’électrique. Elles sont ensuite dotées d’un système d’essorage inclus à l’appareil. Grâce à l’électrification des foyers français et à la démocratisation progressive de ces machines modernes, le temps consacré à cette corvée domestique s’est trouvé grandement réduit. Ce modèle combine un bac de lavage et une cuve d’essorage alimentés ou vidés à l’aide de tuyaux reliés à un évier.
Ces innovations ont grandement contribué à améliorer le quotidien des femmes : elles ont concrètement diminué l’effort physique nécessaire (port de charges lourdes, position accroupie ou agenouillée, mains dans l’eau chaude ou froide, frottements et brossages réguliers, …) mais aussi le temps consacré à cette tâche domestique. Toutefois il est important de préciser que, d’activité majoritairement collective et permettant aux femmes de socialiser entre elles (lavoirs…), la lessive devient à partir de 1950 une tâche individuelle et solitaire.
2018.10.1 Collection MHVQ – Don Marie-Thérèse Cardinal